Le climat de l’année 2019 avait fait craindre une catastrophe sur les rendements avec un impact sur le résultat. Au final, il en est diversement. Des systèmes de culture classiques résistent alors que d’autres montrent des inquiétudes certaines sur leurs résultats.

Le département du Loiret compte une grande diversité de productions. Outre les cultures céréalières classiques, le climat et les sols permettent le maraîchage de plein air ou sous serre, l’horticulture, les pépinières ou l’arboriculture. L’élevage est encore présent dans l’est du département.

Les résultats sont observés sur des échantillons constants d’une année à l’autre. Ces résultats concernent toutes les régions naturelles que compte le département.

L’impact du climat sur les rendements est très différent selon les cultures

2018-2019 a connu une séquence climatique très perturbée qui a gêné les semis, limité la pression des maladies, mais n’a globalement pas handicapé les cultures d’automne.

De ce fait, les rendements ont été bons pour les céréales à paille, très mauvais en colza et décevants en betteraves, pommes de terre et légumes.

Le prix payé au producteur reste une inquiétude récurrente

Les prix quant à eux sont en retrait en céréales et pommes de terre par rapport à 2018, plus élevés en colza. Les cours mondiaux du sucre affectent le prix des betteraves alors qu’ils sont, partiellement, amortis par les sucreries.

Les cours de la viande bovine résistent diversement selon la catégorie d’animaux. Le prix de la viande de mouton a connu son plus haut vers 2017 et tend à diminuer depuis lors.

Le cours du lait reste sensiblement inférieur à celui de 2014 (plus haut) mais il marque un plancher.

Le prix des intrants fluctue aussi, mais souvent en décalage

Le cours des matières premières connait une évolution parallèle à celui des productions, mais avec quelques fois un décalage d’un an. Mais les prix restent assez stables entre 2017 et 2019. Les éleveurs doivent acheter davantage d’aliments et des modifications d’assolements entraînent une hausse globale des coûts.

Le résultat par UTAF varie de 0 à 19 000 €

Composante importante de la marge, les aides de la PAC diminuent structurellement depuis 20 ans. En 2019, la « convergence » explique à elle seule cette diminution.

Avec ou sans betteraves, le résultat se tasse

Au global, les rendements « corrects » compensent à peine le tassement des prix et les quelques hausses de charges.

Sur les exploitations avec betteraves, le résultat courant recule de 70 €/ha par rapport à 2018. Il se monte à 115 €/ha, soit13 000 € par UTAF, en dessous de celui des exploitations SCOP de Grande Beauce et Gâtinais.

Le résultat courant moyen sur 10 ans est quasi nul dans le sud et le sud-est du département. Il n’est que de 19 000 €/UTAF en Petite Beauce, de 15 000 € en Grande Beauce et Gâtinais Ouest et de 19 000 € en Gâtinais Est.

Sur l’axe Orléans / Gien (Orléanais, Val de Loire, Sologne, Puisaye, Berry) est quasi nul. Il est compris entre 160 et 200 €/ha en Grande Beauce et Gâtinais Ouest.

Les exploitations avec betteraves commencent à connaître des difficultés, leur résultat passe en dessous de celui des exploitations sans betteraves. Il n’est plus que de 13 000 € par UTAF.

Les systèmes diversifiés conservent des résultats plus élevés

Pour les exploitations céréales + pommes de terre, le résultat dépend du cours très agité des pommes de terre bien que la culture n’occupe que 10% de la surface en moyenne. Même s’il perd 35 €/ha, le résultat courant reste parmi les meilleurs des exploitations du Loiret. Il s’établit à 300 €/ha soit 34 000 €/UTAF.

Résultats de productions animales, toujours à la peine

Le prix du lait a été porté en 2017 par le maintien de cours soutenus du beurre, compensant le recul de la production. Ce phénomène s’est poursuivi en partie jusqu’en 2018 et 2019. Le léger recul des charges aboutit à un résultat de 200 €/ha soit 16 000 €/UTAF.

Les exploitations de production de viande bovine compte aussi des céréales dont les résultats sont en baisse. Même si le prix de la viande et les charges se maintiennent, le résultat recule et s’établit à 13 000 €/UTAF

La volaille de chair a longtemps constitué une diversification pour les exploitations céréalières « pures ». La filière peine à se réorganiser. Même si les élevages « en intégration » ont une production plus régulière, globalement le résultat s’établit à 1 000 €/UTAF.

Quelle attitude adopter pour demain ?

Les exploitations orientées « grandes cultures » voient leur résultat se tasser de plus en plus. A moyen terme, les restrictions d’usage peuvent accroître les coûts de production. Les exploitants doivent entreprendre un travail en profondeur sur l’optimisation des moyens de production avec, en priorité, le partage des moyens de production.

La diversification (pomme de terre et légumes), apporte une meilleure marge moyenne, mais au prix de fluctuations importantes liées aux cours.

Les exploitations spécialisées (maraîchage, horticulture, pépinières, …) semblent avoir aujourd’hui une bonne maîtrise de leur production et un positionnement « marché » qui convient. Pourtant, la vigilance est de mise, car la concurrence est élevée.

Les productions animales doivent poursuivre leur réflexion sur la valorisation de leurs productions et, selon leur taille, l’exploration de marchés en « circuit court ». Lire à ce propos les réflexions et propositions du Conseil National du réseau Cerfrance. Vois aussi la vidéo d’un exemple de diversification en viande bovine.

Lire aussi les résultats des exploitations de la Nièvre.