À compter du 1er octobre 2026, un nouvel accord interbranche applicable aux entreprises agricoles entre en vigueur. Son objectif est clair : améliorer les conditions de travail, renforcer la prévention des risques professionnels et favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Cet accord introduit plusieurs nouveautés importantes concernant les autorisations d’absence liées à la santé, la sécurité au travail, la gestion des risques professionnels ou encore la parentalité. Voici les principales mesures à retenir.

Quelles sont les nouveautés de l’accord agricole 2026 ?

Le nouvel accord interbranche vise à adapter les conditions de travail aux réalités du terrain agricole et aux évolutions sociétales. Il crée de nouveaux droits pour les salariés tout en renforçant certaines obligations des employeurs en matière de prévention et d’organisation du travail.

Les mesures présentées ci-dessous constituent les principales évolutions, sans être exhaustives.

Quels nouveaux droits pour les salariés agricoles ?

Endométriose : des autorisations d’absence dédiées

Les salariées atteintes d’endométriose bénéficient désormais d’une autorisation d’absence pouvant aller jusqu’à :

  • 1 jour par mois,
  • Ou 3 jours par trimestre,
  • Dans la limite de 13 jours par an.

Ces absences sont accordées sur présentation d’un certificat médical renouvelé chaque année.

Lorsque l’endométriose a donné lieu à une RQTH, à une attestation d’invalidité délivrée par la MSA ou à une reconnaissance en ALD, ces absences prennent la forme de repos payés, dans la même limite de 13 jours par an.

Fausse couche : trois jours de repos payés

En complément de l’éventuel arrêt de travail prescrit par le médecin, la salariée bénéficie de 3 jours de repos payés, sur présentation d’un certificat médical.

PMA : un jour de repos supplémentaire

En complément du jour de l’acte de PMA, la salariée bénéficie de 1 jour de repos payé par an, sur présentation d’un certificat médical.

Handicap visible ou invisible

Les salariés en situation de handicap peuvent s’absenter pour assister à leurs rendez-vous médicaux, sous réserve de :

  • Fournir un justificatif,
  • Informer l’employeur selon les règles applicables dans l’entreprise ou, à défaut, au moins une semaine à l’avance.

Allaitement : une heure d’absence par jour

Après la naissance de l’enfant, les salariées peuvent s’absenter une heure par jour pour allaiter. Cette heure est répartie en deux périodes de trente minutes.

Quelles obligations des employeurs en cas de fortes chaleurs ?

Face à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, l’accord impose une meilleure anticipation des risques liés à la chaleur.

En vigilance orange ou rouge

L’employeur doit :

  • Réévaluer quotidiennement les risques,
  • Adapter l’organisation du travail,
  • Arrêter l’activité lorsque la sécurité des salariés ne peut plus être garantie.

Dès la vigilance jaune

Différentes mesures doivent être envisagées selon les activités :

  • Aménagement des horaires,
  • Report ou réorganisation de certaines tâches,
  • Limitation du travail isolé,
  • Augmentation de la fréquence des pauses,
  • Mise à disposition d’espaces ombragés,
  • Accès à de l’eau potable fraîche,
  • Organisation des secours,
  • Sensibilisation aux signes du coup de chaleur.

Lorsqu’aucun autre aménagement n’a pu être mis en œuvre pour limiter l’exposition, les pauses supplémentaires prises aux heures les plus chaudes doivent être indemnisées.

Travail isolé en agriculture : quelles nouvelles règles ?

Le travail isolé étant fréquent dans le secteur agricole, l’accord impose une évaluation spécifique de ce risque dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) en tenant compte de la tâche, de l’environnement et de la durée de l’isolement.

L’employeur doit notamment prévoir des :

  • Moyens d’alerte et de communication adaptés : téléphone, dispositif de protection du travailleur isolé, radio, talkie-walkie, balise ou téléphone satellite dans les zones blanches,
  • Points de contact réguliers organisés selon une procédure connue à l’avance.

Certaines tâches sont interdites à un salarié travaillant seul, notamment :

  • Porter manuellement une masse supérieure à 30 kilogramme,
  • Poser ou déposer certains éléments d’appareils de plus de 50 kilogrammes,
  • Réaliser des travaux nécessitant certains appareils de protection respiratoire,
  • Effectuer des travaux dans les arbres.

Lorsque le niveau de risque le justifie, le travail en binôme doit être privilégié.

Quelles sont les nouvelles limites de port de charges ?

Afin de prévenir les troubles musculo-squelettiques et les accidents du travail, les seuils maximaux de port manuel sont revus :

  • 80 kg maximum de manière générale,
  • 30 kg maximum en travail isolé,
  • 25 kg maximum pour les femmes,
  • 20 % du poids du corps pour les mineurs.

Par exemple, un jeune salarié de 65 kg ne devrait pas porter plus de 13 kg manuellement.

Comment le DUERP doit-il évoluer ?

L’accord renforce la participation des salariés dans l’élaboration et la mise à jour du DUERP.

L’employeur doit organiser au minimum une réunion annuelle sur le temps de travail afin d’associer les salariés ou leurs représentants à la démarche de prévention.

Une actualisation doit également être réalisée lorsqu’apparaissent de nouveaux :

  • Risques professionnels,
  • Équipements,
  • Procédés modifiant l’organisation du travail.

L’objectif est de faire du DUERP un véritable outil de prévention partagé par l’ensemble de l’entreprise.

Quelles avancées pour la parentalité au travail ?

L’accord prévoit plusieurs mesures destinées à faciliter le retour des salariés après une période d’absence liée à la parentalité.

Garantie du retour à l’emploi

Après un congé maternité, paternité, d’adoption ou parental, le salarié retrouve :

  • Son poste,
  • Ou un poste équivalent,
  • Avec une rémunération au moins égale à celle perçue avant son départ.

Maintien des augmentations salariales

Les salariés en congé maternité ou d’adoption bénéficient :

  • Des augmentations générales accordées pendant leur absence,
  • Ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles appliquées dans l’entreprise.

Entretien professionnel au retour

Par ailleurs, pour les congés de plus de deux mois, un entretien professionnel est proposé au retour du salarié, afin de faire le point sur son parcours et ses éventuels besoins de formation.

Réduction du temps de travail

Enfin, les salariés disposant d’au moins un an d’ancienneté peuvent demander une réduction de leur temps de travail jusqu’aux 3 ans de l’enfant.

Cette réduction ne peut toutefois pas conduire à une durée inférieure à 16 heures hebdomadaires, sous réserve du respect des formalités et délais prévus par le Code du travail.

Conclusion

Ainsi, le nouvel accord interbranche applicable au 1er octobre 2026 marque une évolution importante pour les entreprises agricoles. Entre nouveaux droits liés à la santé, renforcement de la prévention des risques professionnels, meilleure prise en compte du travail isolé et avancées en matière de parentalité, il traduit la volonté d’améliorer durablement les conditions de travail dans le secteur.

Les employeurs ont tout intérêt à anticiper ces changements afin de mettre leurs pratiques en conformité et de sécuriser leur organisation. Un accompagnement avec votre conseiller juridique social Cerfrance Alliance Centre peut s’avérer particulièrement utile pour évaluer les impacts de ces nouvelles dispositions sur l’entreprise.